Le narrateur, encore jeune, trouve après maintes péripéties une place de laquais chez Mme. La comtesse de Vercellis, une femme sèche et à l’esprit alerte. Celle-ci a contracté un cancer du sein. Rousseau assiste à son agonie.
Nous la perdîmes enfin. Je la vis expirer. Sa vie avait été celle d’une femme d’esprit et de sens ; sa mort fut celle d’un sage. Je puis dire qu’elle me rendit la religion catholique aimable par la sérénité d’âme avec laquelle elle en remplit les devoirs sans négligence et sans affectation. Elle était naturellement sérieuse. Sur la fin de sa maladie, elle prit une sorte de gaieté trop égale pour être jouée, et qui n’était qu’un contrepoids donné par la raison même contre la tristesse de son état. Elle ne garda le lit que les deux derniers jours, et ne cessa de s’entretenir paisiblement avec tout le monde. Enfin, ne parlant plus, et déjà dans les combats de l’agonie, elle fit un gros pet. « Bon ! dit-elle en se retournant, femme qui pète n’est pas morte. » Ce furent les derniers mots qu’elle prononça.
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