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Mai 2008
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Une voix

"C'est ainsi qu'on étudie la Voie, en courant pieds nus à l'insu de tout le monde."
J.Kerouac in Les clochards célestes

Seeking the truth

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   Depuis cent ans, Flaubert,Mallarmé, Rimbaud, les Goncourt, les surréalistes, Queneau, Sartre, Blanchot ou Camus, ont dessiné – dessinent encore- certaines voies d’intégration, d’éclatement ou de naturalisation du langage littéraire ; mais l’enjeu, ce n’est pas telle aventure de la forme, telle réussite du travail rhétorique ou telle audace du vocabulaire. Chaque fois que l’écrivain trace un complexe de mots, c’est l’existence même de la Littérature qui est mise en question ; ce que la modernité donne à lire dans la pluralité de ses écritures, c’est l’impasse de sa propre histoire. 

   Les Belles-Lettres menacent tout langage qui n’est pas purement fondé sur la parole sociale. Fuyant toujours plus en avant une syntaxe du désordre, la désintégration du langage ne peut conduire qu’à un silence de l’écriture. L’agraphie terminale de Rimbaud ou de certains surréalistes – tombés par là même dans l’oubli -, ce sabordage bouleversant de la littérature, enseigne que, pour certains écrivains, le langage, première et dernière issue du mythe littéraire, recompose finalement ce qu’il prétendait fuir, qu’il n’y a pas d’écriture qui se soutienne révolutionnaire, et que tout silence de la forme n’échappe à l’imposture que par un mutisme complet. 

par Les rebouteux publié dans : Dissivox communauté : Kebabs nucléaires et vérités
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