Just a fleshwound

Publié le par Les rebouteux

    Ça ne fait pas de mal, ce n’est qu’un peu de fumée. J’en admire les volutes, cette élégante densité qui se disperse progressivement dans l’appartement, le ciel s’est découvert dehors, qu’importe ? J’en rallume une autre, le goût âcre envahit mon palais, engourdit ma langue, il me semble que ma mâchoire devient douloureuse à retenir si longtemps le calice de mes ennuis. Je la mâchonne, j’inspire, j’en fais des ronds. Ma gorge me gratte. Quelle heure est-il ? La tête me tourne, la tachycardie me guette au détour d’une énième tasse de café. Je devrais être en cours à l’heure qu’il est. Je ne sais pas vraiment si je souris, cette fumée, c’est une dame. Je dois sourire, j’aime bien trop séduire pour ne pas lui sourire.

    Allez savoir ce que je fous ici…

    Je ferme les yeux. La vache ! Le tournis, la nausée des jours anciens, quand je ne supportais pas encore la voiture. J’ouvre les yeux. Je me laisse tomber sur le coté, j’étends mes jambes sur le canapé. Je gémis. Je redonne un peu de feu au foyer. J’inspire, j’expire, je gémis à nouveau. Je me passe ma main pataude dans les cheveux puis me malaxe le front et les paupières. Je dois bien avoir conscience de quelque chose. Quelle odeur plus suave que celle de l’herbe à pipe ? Je tousse.

    Plus loin, sur une table, mon portable vibre. Je ne me lève pas, j’y vais à quatre pattes. La moindre secousse accentue ma sensation de gerbe. Je m’arrête à mi chemin pour réprimer une remontée impromptue. De la rouille dans le corps. Encore un mètre à parcourir. Je tends le bras, saisis le portable, et m’allonge aussitôt sur le dos. J’ai reçu un nouveau message.

 

Joyeux anniversaire vieille branche !

 

    Connard.

Publié dans Archives ancestrales

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